Mama Shelter

En résumé

Emplacement

Prestations

Confluences urbaines

Mama Shelter ou l'histoire d'une mère poule, tel pourrait être le sous-titre de cet hôtel où se mêle, sur fond de projet urbain, une joyeuse brassée d'idées allant de l'intello-bobo au business-design, et qui fait de ce lieu, une des plus intéressantes initiatives hôtelières récemment imaginées à Paris.

Il faut dire aussi que le casting est presque parfait. 

Au départ, on a une friche au milieu d'un quartier historique, le village de Charonne, un peu oublié au fin fond du XXème arrondissement, avec une forte problématique sociale, une adorable petite église du moyen âge et un renouveau bobo, dont l'emblématique salle de concert de la Flèche d'Or est sans doute en partie responsable.

On fait plancher Roland Castro, un des meilleurs architectes urbains français, pour réussir à créer une dynamique entre la médiathèque, les logements et l'hôtel, qui doivent tous les trois trouver leur place dans cette aventure architecturale au cœur de Charonne.

Là-dessus, on ajoute les généreuses idées de Cyril Aouizerate, intellectuel citoyen aussi bien qu'actif urbaniste, déjà à l'origine du Bercy Village.

On y associe pour l'occasion la famille Trigano, qui possède une certaine expérience de l'hospitalité grâce à ses quelques clubs de vacances (...oui, nous parlons bien du ClubMed dont ils sont à l'origine).

On ajoute une pincée de Philippe Starck pour quelques trouvailles design.

On prend Nexity, solide bâtisseur de villes nouvelles, pour faire le gros œuvre.

On secoue le tout, et au bout de quelques années de réflexions et de travaux, hop, on obtient le Mama Shelter.

Alors, à quoi ça ressemble ?

Et bien exactement à ça. A un mélange plutôt réussi de plusieurs intentions.

¼ rock n'roll, ¼ business, ¼ BTP, ¼ design.

Comme pour tous les cocktails, même si tous les ingrédients sont bons, ce qui va faire le succès de la formule, c'est le doigté du barman.

Et pour le coup, le projet a su se doter d'une belle botte secrète en choisissant comme Directeur, l'ancien chef concierge du Plaza Athénée. Reste cependant que l'hôtel démarre (septembre 2008), et que donc tout est tout neuf, même le personnel, qui pourtant ne manque pas de bonne volonté.

Bon, mais alors, enfin, à quoi ça ressemble ?

Pour la structure, l'architecte a dessiné deux ensembles d'immeubles, l'hôtel et la médiathèque, côte à côte, avec pour chacun d'eux une même élégance géométrique, faite de lignes équilibrées et claires, sans volonté de marquer les générations futures par l'incroyable audace de son esthétique, mais à l'inverse, parfaitement soucieuse de créer une esthétique contemporaine, à laquelle tout le monde peut dès aujourd'hui adhérer.

D'allure discrète, fondu dans la ville, rien n'indique que le bâtiment de gauche est un hôtel.

L'entrée, seulement marquée par une marquise et quelques arbustes, s'ouvre sur une réception aux allures de grotte urbaine. Et pour cause, plafond crépi noir, rideaux en velours gris, murs en béton, drapés d'un batik beige, et sol couvert de carreaux anthracites façon béton ciré, donnent une allure très sobre à cette pièce s'étirant en profondeur.

En contrepoint, comme par un naturel élan de fantaisie, ce dont ne manque jamais l'établissement, s'aligne, en face du comptoir de la réception, une série de vitrines surmontées d'aigles argentés, toutes ailes ouvertes, protégeant des contenus divers, ouverts à la vente, allant d'impeccables bicornes républicains à de magnifiques boules de pétanque, en passant par une collection de préservatifs, de produits Kiehl's, de masques ou de DVD pasoliniens.

Pour tous les goûts et pour tous les plaisirs.

De même, au plafond : inscriptions, dessins et phrases chocs constituent une sorte de fresque hétéroclite et rock & roll, dessinée avec des craies de couleur par un artiste inspiré. 

Au fond de la pièce, on accède au point fort du Mama Shelter : ses espaces communs, formés par une belle succession, totalement ouverts en profondeur, d'espaces restaurants et bars.

S'il partage le même cadre que la réception - plafond crépi noir couvert d'une fresque et carreaux anthracite au sol - ce lieu de vie et d'échange s'étire en une variété de designs, jouant sur les types de chaises, de canapés, de fauteuils, alternant les espaces bars avec leur comptoir et les espaces lounge ou tables d'hôtes plus tranquilles.

Et toujours, disséminés aux quatres coins, on retrouve des objets détournés ou insolites, clins d'œil poétiques de Philippe Stark, allant des cages d'oiseau aux lampes Tour Eiffel en passant par l'immense babyfoot pour au moins 12 joueurs.

Tout semble ouvert, vivant et participatif au sein de cet espace, les cuisines comme le bar ou les tables d'hôtes, à l'écho des programmations culturelles prévues par la maison : concerts ou lectures, improvisations ou débats, bref, tout ce qu'il faut pour éclairer un peu ses nuits.

Paradis pour fumeurs, sur le côté extérieur de cette longue salle, face à la voie ferrée de la petite ceinture, court une terrasse protégée, chauffée, et ponctuée de canapés design en plastique épais, de chaises de bistrot et d'oliviers.

Mais au fait, et les chambres ?

Ah oui, c'est vrai... et les chambres ?

Pourtant, il y en a 172, de quatre types : les singles, les doubles, les deluxes et quelques suites avec terrasse.

Toutes sont du même tonneau, à la taille près bien sûr : moquette anthracite avec quelques motifs urbains, iMac collé au mur pour accéder aux médias en réseau (télé, musique, film...), murs en béton, literie Simmons, larges oreillers empilés et couettes recouvertes d'impeccables draps blancs et soyeux.

Si l'espace est bien suffisant, agréable et protégé, et si les bureaux inspirent au travail, deux petits défauts peuvent être notés : l'absence de coin pour se relaxer dans les chambres deluxes et le côté pas tellement pratique des éclairages.

A côté de ça, rien à dire, sans luxe excessif, les matériaux sont de bonne qualité, l'internet est gratuit, il y a la climatisation, et un coin micro-kitchenette avec évier, micro-onde et mini-bar. Pratiques, les salles des bains sont toutes parées de carreaux blancs et équipées uniquement de douche, de produits Kiehl's et de chauffe serviettes.

Pour une hôtellerie à prix serré, les prestations sont largement à la hauteur : c'est bien fait, doucement original, très sobre et sans excès.

A l'image des services : pas de room-service ou de bagagistes.

Mais là n'est pas le sujet : le Mama Shelter, on n'y vient pas pour végéter dans sa chambre toute la journée tel Alexandre le Bienheureux, on y vient pour partager un moment en société.

Et qui sait, peut-être pour découvrir le quartier ? Il ne manque pas d'intérêt, au contraire, il mérite même une attentive curiosité, bien qu'il semblera parfaitement improbable à beaucoup de voyageurs pressés (le premier métro est à 10 minutes à pied et les principaux monuments sont bien loin).

Mais au fait, pourquoi Mama Shelter ou l'histoire d'une mère poule ?

Entre l'explication de texte (shelter signifie abri en anglais) et l'explication de logo (les pattes d'une poule géante forment le logo de l'hôtel), on doit trouver un début de réponse... !

 

Pour qui ?

A l'exception peut-être des snobs et des familles avec un jeune enfant (pour cause de pas de lit supplémentaire possible - à l'exception de l'unique chambre triple de l'hôtel) , le Mama Shelter est fait pour une clientèle éclectique mais smart : pour tous les voyageurs curieux, les fatigués de l'hôtellerie traditionnelle, les économes, les festifs, les intellos, les branchés, les amoureux de la ville, les amoureux tout court, et bien sûr, les aventuriers prêts à arpenter les vivantes et sympathiques ruelles du Paris populo, quel que soit leur âge, leur sexe, leur couleur ou leur coupe de cheveux.

 

À partir de 139€ Réserver
Notation de l'établissement
Taille des chambres 7 Confort : 7
Confort Chambres 7 Confort : 7
Infrastructure & Services 8 Confort : 8
Confort Global 7 Confort Global : 7

Contacts & Réservation

Mama Shelter

109, rue Bagnolet
75020

Station de Métro : Gambetta
Station de Bus : 26